Que cache une obsession pour une alimentation saine ?

Que cache une obsession pour une alimentation saine ?

Stéphanie est une femme d’une quarantaine d’années qui s’est lancée dans une sorte de quête de l’Absolu. Un Graal ou un idéal de pureté en se rapprochant du divin. Elle a cherché des réponses ou des solutions d’abord dans la sagesse chinoise, puis dans le tarot, l’ésotérisme et enfin dans l’alimentation saine. Le mode opératoire était le même : elle s’enflammait pour la démarche, elle y croyait mordicus puis se passionnait pour le sujet et cette passion finissait par devenir une obsession voire une religion. L’obsession de l’alimentation saine la rendait anxieuse, rigide et l’isolait socialement. Quand une amie l’invitait, elle apportait son propre repas et la discussion tournait essentiellement sur l’alimentation et ses dernières découvertes. Persuadée d’avoir la vérité, elle essayait de vous convertir à cette « alimentation saine » : des fruits, des jus de légumes. Elle diffusait les messages des nouveaux gourous de l’alimentation qui se sont multipliés sur Internet et qui se positionnent en experts. Leurs discours proposent des solutions sensées réduire les risques de cancer, ralentir le vieillissement cellulaire ou optimiser notre physiologie. Stéphanie a tout fait : suppression des produits laitiers et céréales, diète à base de fruits et légumes, diète à base de fruits uniquement, diète à base jus de légumes, « purges » régulières à l’aide de laxatifs naturels, jeûnes… Quand elle n’arrive pas à terminer un jeûne ou qu’elle n’arrive pas à respecter le régime qu’elle s’est imposée, elle se sent coupable ou s’en veut de sa faiblesse. Elle avait perdu vingt kilos en un trimestre et elle avait l’air fatiguée, vieillie, triste. Elle était dispersée dans ses pensées avec des difficultés à trouver ses mots ou à suivre le fil de ses idées. Un an plus tard, elle avait regagné tous les kilos perdus et en a même repris. Elle avait trouvé une autre passion en renouant avec la foi chrétienne.

Un nouveau trouble alimentaire : l’orthorexie

Ce qu’a traversé Stéphanie s’appelle l’orthorexie, terme proposé par le Dr Steven Bratman, qui est un trouble du comportement alimentaire. Il n’est pas encore officiellement reconnu dans le milieu médical. Les personnes qui souffrent d’orthorexie, comme Stephanie, ont fait de l’alimentation saine une obsession. Leur quotidien est centré sur l’alimentation qu’ils divisent en deux catégories : les aliments sains et les aliments malsains. L’alimentation devient alors un médicament, un soin, une solution pour résoudre un certain nombre de problèmes donnant l’impression de reprendre le contrôle sur sa vie. Stéphanie était en période de transition professionnelle et elle avait commencé sa quête d’une alimentation saine après une rupture affective qui l’avait particulièrement bouleversée. Contrairement aux personnes souffrant d’anorexie ou de boulimie qui sont obsédées par la quantité d’aliments ingérés, les personnes souffrant d’orthorexie se caractérisent par une volonté obsessionnelle d’ingérer des aliments sains de qualité. C’est donc la qualité et non la quantité des aliments qui est au cœur de leurs préoccupations.

Souffrez vous d’orthorexie, faites le test.

En quoi est-ce un problème ?

Vouloir manger une nourriture saine et équilibrée est plutôt une bonne chose mais cela devient un problème lorsque cette démarche devient une obsession et entraîne des conséquences sur la qualité de vie de la personne, sur sa santé et sur son rapport aux autres.

Le business de « l’alimentation saine » a aujourd’hui le vent en poupe et apporte notoriété, influence et argent à ceux qui exploite le concept. Les messages publicitaires ont habilement remplacé les calories par d’autres notions comme une alimentation équilibrée et saine qui serait la voie royale vers le bonheur puisque vous serez plus beaux, vous paraîtrez plus jeunes, plus en forme, mieux dans votre peau…Dans le fond rien de nouveaux sous le soleil car finalement on nous demande de nous conformer encore une fois à une image idéalisée de l’homme ou de la femme, d’une vie épanouie. Et le raccourci est vite établi : je serai aimé(e) si je suis admiré(e), je serai valable si je suis beau ou belle.

L’orthorexie touche beaucoup plus les femmes que les hommes. Je rencontre encore beaucoup de femmes qui n’aiment pas se regarder dans la glace ou se voir en photo. Combien de femmes ont fait ou pensent faire un régime dans l’année ? Combien de femmes sont préoccupées par leur poids ?

Alors être mince, belle, féminine, mais par rapport à qui, par rapport à quels critères ? Si nous suivons les canons de beauté de notre société de consommation, les stéréotypes de la féminité, nous ne serions jamais assez belles, jamais assez minces et jamais assez féminines.

Rester mince, belle et jeune pour qui, pour quoi faire ?
– Pour ne pas être quittée pour une femme plus jeune ?
– Parce que vous pensez que c’est important pour la confiance en soi, l’estime de soi ?
– Pour trouver le fameux Prince Charmant ?

Et ça coûte combien (en temps, en énergie, en souffrance psychologique, en argent, en estime de soi) ?

A la recherche du corps idéal, le Graal

« L’image corporelle est une création sociale » et la perception bonne ou mauvaise de notre corps dépend de plusieurs facteurs tels que :
– Notre éducation ;
– Les comportements sociaux ;
– Notre environnement socio culturel
– L’importance que la société attache à l’image du corps.

Qu’est-ce qui fait le plus peur aux femmes ?
Personnellement, j’aurai répondu la maladie d’Alzheimer, la mort prématurée et brutale, souffrir d’un handicap, devoir vivre plus tard dans une infâme maison de retraite, perdre mes capacités cognitives, la guerre…
Mais non, il semblerait que, après la crainte du chômage, les femmes soient plus tourmentées par la peur de grossir !

Sondage, ce qui fait le plus peur aux femmes.

De plus, 85% des femmes pensent que, dans les vingt prochaines années, il sera « de plus en plus important de paraître jeune ».

L’estime de soi n’est pas un amour conditionnel de soi

Nous conditionnons notre valeur, l’amour que nous nous portons à nous-mêmes, à des normes, des critères dictées par les industries, les médias… On conditionne notre épanouissement, notre joie de vivre au « quand » : quand j’aurais trouvé le régime alimentaire idéal, quand j’aurais perdu des kilos, quand je serais plus mince et plus attirante, quand j’aurais trouvé un partenaire qui m’aimera…alors je m’aimerais, je serais heureuse, je connaîtrais la paix intérieure… En êtes-vous certaine ? Et pendant combien de temps ?

Et si la libération commençait par une décision ?

Je décide de tout faire pour :
Mieux me connaître et me libérer de ma prison intérieure,
Identifier mes blessures (certaines sont très archaïques), les accueillir et en prendre soin ,
Me réconcilier avec moi-même,
Augmenter mon estime de moi-même,
…. car finalement cela ne dépend que de moi.

Pour en savoir plus sur l’orthorexie: www.orthorexia.com

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