Nos blessures et l’auto-sabotage

Nos blessures et l’auto-sabotage

La résonance du passé

Je dois avoir sept ou huit ans, je suis dans un gymnase. Il y a de nombreux enfants d’un côté de la salle et je suis seule de l’autre côté. Nous jouons à balle aux prisonniers. Tous les élèves se sont faits prisonniers, sauf moi et un petit garçon qui essaye de me toucher avec le ballon. Au départ je trouve le jeu drôle et le petit garçon avait beau faire il n’arrivait pas à m’atteindre. C’était facile et naturel pour moi d’anticiper l’action, de lire la trajectoire de la balle et d’esquiver. Puis soudain, j’ai senti une frayeur me saisir le cœur, je prenais conscience que l’on me regardait, moi, la petite fille qui faisait tout pour se faire oublier. Le poids du regard des autres enfants, leurs cris qui encourageaient le petit garçon, a généré un malaise. Je me disais alors « qu’est-ce que je fais là ? ».
Cette surexposition devenait une menace pour moi, un calvaire. La seule façon de faire cesser tout ça pour me mettre à l’abri était de perdre : subitement je me suis arrêtée net et le petit garçon a pu me toucher. A la fin, une petite fille est venue vers moi et m’a dit « hein, tu te croyais la meilleure ! J’étais tellement timide, repliée sur moi que je n’avais rien dit.

Cela s’est reproduit quand je faisais de la gymnastique, du badminton, du rugby…Quand j’étais dans le flow comme on dit, j’excellais et soudain quelqu’un me disait « wouah c’est génial ! » (ce message était pourtant positif !) c’était fini le mécanisme d’auto-sabotage se mettait en place. Dans ces situations, il s’agissait pour moi d’une stratégie de survie et qui est par la suite devenue le meilleur moyen d’étouffer mon potentiel. Ce mécanisme est souvent inconscient jusqu’à ce qu’on décide de faire ce fameux travail pour le mettre en lumière et avancer. L’humilité, le courage et la patience sont nécessaires pour libérer ces « souvenirs non digérés du passé »*.

Ces images sont remontées à ma conscience après avoir identifié une vieille blessure qui se rappelait à moi par des chemins de traverse et qui voulait dire grosso modo « attention si tu te montres telle que tu es, si tu réussis mieux que les autres tu vas être rejetée. »

De quelles blessures parle-t-on ?

Il s’agit de blessures archaïques qui sont liées à des souvenirs du passé.

Qu’en pensent les psychologues ?

« C’est un traumatisme c’est-à-dire le souvenir d’une scène de vie qui continue à résonner émotionnellement en soi.

Dans ma pratique clinique, j’observe qu’ils trouvent, dans une large majorité, leurs origines dans l’enfance. Plus précisément des événements qui se sont déroulés avec des personnes importantes dans la vie affective de l’enfant : un parent, un enseignant, un frère ou une sœur, des camarades de classe. Des blessures toujours bien vivantes liées à une dévalorisation de la personnalité de l’enfant, une humiliation ponctuelle ou récurrente, un rejet, une injustice énorme, l’absence de reconnaissance voir l’indifférence, un abandon ou encore une trahison.
Pour peu que l’enfant n’ait pu exprimer ses émotions suite à ce genre d’événements, il les réprime au plus profond de lui. » *Dimitri Haikin / Psy.be

Il s’agit donc d’une expérience que j’ai vécue, qui a généré des émotions intenses que je n’ai pas réussi à évacuer. Ces émotions se réveillent quand je suis exposée au même stimulus. L’inconscient se manifeste alors.

 

Les 6 blessures archaïques sont:

La blessure de l’abandon
La blessure d’humiliation
La blessure du rejet
La blessure de la trahison
La blessure liée à une injustice
La blessure liée au sentiment d’impuissance

Est-il possible de « pacifier » nos blessures ?

Pour en savoir plus
La différence entre soigner et guérir

La puissance de l’inconscient

 

 

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