La peur de l’inconnu

La peur de l’inconnu

Un homme se fait arrêter par un bataillon du camp ennemi.
Le capitaine de la troupe vient le voir et lui dit :
«Demain matin, à six heures je vous laisserai le choix entre le peloton d’exécution ou passer la porte que vous voyez là-bas. »
Méfiant, le prisonnier lui demanda :
« Qu’est-ce qu’il y a derrière cette porte ? »
« Personne ne le sait et personne n’en est revenu. »
Le lendemain matin, l’homme prit sa décision et choisit le peloton d’exécution. Plus tard, un des lieutenants, pensif, interrogea le capitaine :
« Mais qu’est-ce qu’il y a derrière cette porte ? »
« La liberté ».

Comment se fait-il qu’aux yeux de cet homme,
l’inconnu semblait plus redoutable que la mort ?

Le sentier verglacé à 2700 m d’altitude

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« Ce jour-là, je me suis levé à cinq heures du matin. Je me revois arpenter ce col de l’Aup Martin entre l’Isère et les Hautes-Alpes, à 2700 mètres d’altitude. Il faisait beau et au fur à mesure de mon ascension, la nature verdoyante de ce pan de montagne se raréfiait pour laisser place à un paysage rocailleux, beaucoup plus austère. Je commençais à me demander où pouvait me mener ce sentier. J’avais décidé de suivre un chemin non tracé en me fiant aux empreintes de crampons laissées dans la neige par un randonneur. Elles m’ont conduit vers un sentier verglacé à flanc de falaise. J’avais deux options : revenir sur mes pas, ce qui représentait six heures de marche ou emprunter ce sentier. Finalement, j’avais choisi la deuxième option en me disant que j’y arriverais bien. Je ne savais pas alors que j’allais vivre un moment d’une rare intensité. Sans crampons et ni aucune autre forme de sécurité, je mettais mis en danger. J’essayais tant bien que mal, de creuser des marches dans la glace à partir des traces de pas laissées par mon prédécesseur. Tenaillé par la peur du vide et l’angoisse de la chute fatale, mes jambes tremblaient. Laborieusement, avec une lenteur infinie, je mettais un pied devant l’autre, les yeux rivés sur ces empreintes de crampons. Le moindre faux pas pouvait me coûter la vie. J’avais finalement réussi à venir à bout de ce sentier. Et après avoir bouclé cette randonnée, j’avais ressenti une joie immense, celle d’être en vie et une profonde satisfaction d’avoir relevé un grand défi.» RT

L’autoroute infernale

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« Je n’ai pas le sens de l’orientation et l’idée de conduire sur une voie rapide me pétrifie. Un jour pour rentrer chez moi je savais que je devais emprunter une petite portion de voie rapide. C’était gérable et j’étais prête à supporter cette minute d’angoisse. Après avoir passé le rond-point, je me suis rendue compte au dernier moment que j’étais sur la mauvaise file : trop tard pour changer de trajectoire. L’angoisse s’était intensifiée quand j’ai compris que je m’engageais sur une autoroute, vers une destination inconnue et que la prochaine sortie se trouvait à 16 km. J’étais prise de panique et je n’avais plus d’échappatoire. Mes jambes tremblaient et mes mains étaient crispées sur le volant. La peur était mon unique compagnon de route. Mais j’ai appris à vivre avec elle. Je me suis forcée à pratiquer la respiration abdominale comme je l’ai appris et à être intensément dans le moment présent. Cette errance a duré plus de 30 minutes, autrement dit une éternité pour moi. Quand enfin j’ai vu le panneau indiquant ma destination initiale et que j’ai aperçu au loin des repères familiers, j’ai ressenti une immense gratitude d’avoir trouvé la porte de sortie de ce qui était pour moi un labyrinthe infernal. J’ai réalisé alors que quelque chose d’important venait de se produire. J’ai eu la preuve que j’étais capable de conduire sur une autoroute. » BF

L’intelligence du corps vs la peur psychologique

Que l’on marche sur un sentier verglacé à flanc de falaise ou que l’on soit angoissé en conduisant sur une autoroute, notre instinct de survie se déclenche. Dans le premier cas il s’agit de l’intelligence du corps qui prend les commandes car le danger est réel et dans le second, on parle plutôt de peur psychologique car objectivement le danger est fantasmé. Dans les deux cas, la peur a pour origine l’inconnu, « ce dont on n’a pas l’expérience ».

L’inconnu nous fait parfois prendre des décisions audacieuses, voire téméraires. Il arrive que la peur de l’inconnu nous paralyse et nous empêche :
– d’aller vers une plus grande liberté ;
– de réaliser nos rêves ;
– de changer de métier ;
– de développer de nouvelles compétences ;
– d’être plus créatifs;
– de vivre des expériences inoubliables ;
– de découvrir de nouveaux horizons ;
– de faire de belles rencontres…
Et finalement, de vivre pleinement notre vie.

Apprenez à tolérer et à aimer la nouveauté et les changements

Devenir néophile (une personne qui aime le changement), est l’un des remèdes préconisé par, Michel Lejoyeux professeur de psychiatrie et d’addictologie, dans son livre Les quatre saisons de la bonne humeur. « Les néophobes, sont plus anxieux que les néophiles. Ils sécrètent plus d’adrénaline, l’hormone du stress. Quand une image ou une situation leur semble inhabituelle, leur rythme cardiaque s’accélère (…). Chaque imprévu déclenche chez eux une poussée d’angoisse (…) ».

Le professeur Lejoyeux préconise de s’ouvrir progressivement à la nouveauté en commençant par des petits pas comme « cherchez un légume ou un fruit que vous ne connaissez pas, ou un restaurant d’un style inédit pour vous. En vous exposant à cette nouveauté tranquillement, dans une ambiance festive, vous diminuez votre peur de l’inconnu. »

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